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Published on
August 28, 2016
Camille Gautry - expat-audacieuse.com

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Specialist Interview : "The mistake made by French people is, they do not dare."

Please note, the following text is written in French because the orignal interview was performed in French.

Interview d’Expert : « l’erreur commise par les Français, c’est de ne pas oser »

Marion Gourvest travaille comme HR Recruiter pour IPN Brainpower Consulting Inc. à Vancouver au Canada. Arrivée en Novembre 2014 et après s’être beaucoup renseignée sur le marché du travail à Vancouver et sur la façon de rédiger son CV ici à Vancouver, elle a trouvé un emploi dans le recrutement. Elle partage aujourd’hui avec la Communauté des Femmes Expatriées Audacieuses, son expérience de recruteuse française et ses conseils, qui sont valables où que vous soyez dans le monde !

Quelle(s) différence(s) remarques-tu entre les candidats Français et les autres étrangers ?

Les candidats français ont plus de mal à se vendre que les candidats Canadiens ou Américains par exemple. En creusant un peu, je me suis rendue compte que, depuis le plus jeune age (équivalent maternelle en France), les élèves sont poussés à préparer des oraux, à travailler sur leur leadership… Par la suite ils sont donc à l’aise lors d’échanges professionnels et savent mettre en valeur leurs atouts. Les candidats français sont plutôt modestes et ne veulent pas paraître prétentieux. Du coup, pour un recruteur Nord-américain, cela peut apparaître comme un manque de confiance en soi, une difficulté à s’imposer… J’ai moi-même dû travailler sur cette partie en arrivant au Canada, savoir me « vendre» comme un Américain. Cela a plutôt bien marché puisque j’ai rapidement décroché un job.A contrario, certains Français diplômés (Licence ou Master) pensent que les Canadiens les attendent sur un tapis rouge. Malheureusement, ils pensent que grâce à leur diplôme, ils pourront décrocher un job rapidement, intéressant et bien payé… La réalité ici est que le recrutement est basé sur :

- 1: l’expérience professionnelle

- 2: la personnalité et la capacité à s’intégrer dans l’équipe et dans l’entreprise

- 3: le diplôme Le diplôme est l’un des derniers critères de recrutement.

Certains Français ont du mal à accepter le fait qu’ils se soient investis dans des études pendant plusieurs années et que cela ne leur serve pas à grand chose pour décrocher un job. Ici, il faut faire ses preuves, réseauter, rencontrer les bonnes personnes et à partir de ce moment là, l’évolution peut aller très vite ! Une fois compris ça, les Français s’adaptent alors plutôt bien dans l’ensemble 

🙂
Que font les Français, pendant le processus de recrutement, qui est agaçant ? Voire éliminatoire ?

En tant que recruteuse française, ce qui est agaçant c’est le Français qui ne s’adapte pas à la culture locale et qui se PLAINT. Il y’a également ceux qui attendent que l’on vienne vers eux pour leur proposer un job (ou autre) au lieu d’être pro-actif et persévérant dans leurs démarches. Dans l’ensemble, lorsque j’ai été en contact avec des Français pendant le processus de recrutement, ils étaient très corrects et faisaient un bon suivi de leur candidature. Quelques-uns en revanche, s’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils souhaitaient, ne donnent plus aucune nouvelle et ne remercient pas pour l’aide apportée, et ça c’est agaçant ! Au Canada, il est très commun de toujours remercier les personnes qui t’aident dans ta recherche​ d’emploi ou qui te proposent un poste, même si cela n’aboutit pas. Les Canadiens sont vraiment très courtois et polis…et font toujours un suivi.

Comment faire du fait d’être Français, un atout ?

Au Canada il y a pas mal de postes bilingues et les Français ont tout de même une bonne réputation quant à leur investissement au travail et leur efficacité.

Quelles sont les erreurs généralement commises par les Français quand ils cherchent du travail ? Quand tu les rencontres ?

J’ai remarqué que certains Français en arrivant à Vancouver se sont lancés, tête baissée, dans la recherche d’un emploi sans chercher à comprendre comment fonctionne le marché de l’emploi à Vancouver, qui est vraiment très différent de l’Europe. Du coup, pendant plusieurs mois ils ont envoyé CV sur CV via les job-board en se disant que c’est comme ça qu’ils trouveraient un job. Et après plusieurs mois de recherches et aucune piste concrète, et seulement à ce moment là, ils se disent que leur méthode ne fonctionne pas et commencent alors à s’orienter vers les associations, les forums spécialisés dans la recherche d’emploi à Vancouver. Malheureusement ils auront perdu plusieurs mois, avant de comprendre comment cela fonctionne à Vancouver.Nous avons la chance à Vancouver d’avoir différentes associations Francophones qui aident à l’installation, à la recherche d’emploi, au réseautage… ils m’ont tous été d’une grande aide lorsque je suis venue m’installer ici. Une fois le marché de l’emploi compris, «l’erreur» commise par les Français, mais c’est plutôt un trait de caractère, c’est de ne pas oser. Ils craignent de déranger, là où les Nord-Américains se posent moins de questions A part cela, je trouve que les Français que j’ai rencontrés s’adaptent plutôt bien et essaient vraiment de s’intégrer et de comprendre le fonctionnement du recrutement à Vancouver.

Quels conseils donnerais-tu à une femme française, qui a suivi son conjoint pour réussir sa recherche ?

Je lui conseillerai de se créer son réseau à ELLE (pas celui à travers les amis et collègues de son mari) et de ne pas se présenter comme femme d’expatriés mais comme une personne active arrivant ici et cherchant un travail. Je pense que le plus important dès son arrivée est de se créer son réseau et ses amis. Nous sommes loin de notre culture, de nos références, de la famille et des amis en France, il est alors indispensable, selon moi, de s’entourer et d’avoir une vie sociale active. Cela peut passer par l’engagement dans une ou plusieurs associations, la participation à des Meetup, aller à des forums (même si ce n’est pas à 100% dans son domaine), le but étant de trouver tous les prétextes pour socialiser. Il n’y a rien de mieux pour le moral et cela donne de la force pour «affronter» le reste et notamment la recherche d’emploi. Cela permet aussi de gagner du temps sur son installation dans le pays et d’avoir des tips. Que ce soit des expat ou des locaux, les gens adorent aider donc il ne faut pas hésiter à prendre les conseils. Une proposition de job peut découler du networking comme de ses amis.

Qu’est-ce qu’elle devrait faire en priorité quand elle débute sa recherche ?

D’abord, se renseigner sur la méthode pour chercher du travail dans la ville où elle est, avant de se lancer.Bien établir son CV et sa lettre de motivation en la faisant lire par différentes personnes pour avoir differents feedback. Ensuite, commencer à créer son réseau professionnel et amical dès son arrivée, même si la personne s’est laissée quelques mois pour s’installer. Le réseau est long à se mettre en place, il faut le commencer dès que possible, voire même avant l’arrivée dans le pays, si c’est possible.​Egalement il ne faut pas hésiter à demander des rendez vous informels avec des professionnels de son domaine pour avoir des tips sur le marché du travail, échanger et parler de son travail, élargir son réseau.

Qu’est ce qu’elle ne devrait surtout pas faire ?

S’isoler, je pense que c’est le pire moralement. Ne pas s’enfermer dans la recherche d’emploi, c’est une étape de vie difficile il ne faut pas la subir mais en être actif. Lors de ma recherche d’emploi en arrivant au Canada, pour moi il était hors de question que je ne fasse que ça et que j’en déprime, quitte à ce que je passe moins d’heures chaque jour à chercher un travail. Je voulais garder le moral au top ! Du coup je mixais mes journées entre sport, Meetup, volontariat ou réseaux pour rencontrer du monde, que ce soit dans mon domaine professionnel ou dans le sport ou d’autre activités tout en faisant une recherche active pendant environ 4h par jour. Je pense que cela m’a permis de très bien vivre ma recherche d’emploi.

Resume & Cover Letter – Ton avis sur l’importance de la CoverLetter ?

Si le « resume » est accompagné d’une Cover letter, dans ce cas, il faut qu’elle soit TOP et personnalisée en fonction de la job description. Après je pense sincèrement qu’il n’y a pas une énorme influence sur l’analyse du candidat, le must reste le CV.

Ton conseil pour avoir un « resume » efficace ?

L’adapter en fonction de la job description en reprenant les termes utilisés pour décrire les tâches et toujours le remettre en question et être prêt à le modifier. Ne pas hésiter à le faire lire à plusieurs personnes de différents domaines, chacun en aura une analyse différente et donc intéressante.